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Octobre 2016 : AFRIQUE DU SUD : TURBULENCES

 0,1% de croissance, du jamais-vu

 

 La charge est virulente et publique. « Alors que le débat sur la captation des ressources de l’Etat fait rage et que la corruption augmente, nous avons un président qui, au mieux, ne fait rien, au pire, est à la racine du problème », accuse Sipho Pityana, le 5 octobre, devant un parterre d’investisseurs au Salon des mines de Johannesburg. Les applaudissements sont nourris pour le PDG d’AngloGold Ashanti. C’est sous la présidence de Jacob Zuma en 2011 que l’Afrique du Sud a rejoint sur le tard le club des BRICS* (Brésil, Russie, Inde, Chine). Ce nain économique, au regard des quatre autres membres, avait obtenu son strapontin grâce à son statut de représentant du continent africain. Un succès d’image pour le chef d’Etat, réélu en 2014, qui ne peut toutefois masquer son mauvais bilan économique. Si l’Afrique du Sud a retrouvé en août sa position historique de première économie africaine après s’être fait détrôner pendant deux ans par le Nigeria, le pays continue cependant de souffrir d’une croissance molle. 

 

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 Le président Jacob Zuma

Un mauvais bilan

 

 

Pour 2016, le Fonds monétaire international ne prévoit que 0,1 % de croissance. Du jamais-vu depuis la récession de 2008-2009. Il faudrait pourtant un niveau annuel de plus 5 % pour parvenir à absorber les jeunes nouveaux entrants sur le marché du travail. La situation pourrait encore s’aggraver d’ici la fin de l’année. L’annonce par le parquet sud-africain, le 11 octobre, que le ministre des finances, Pravin Gordhan, allait être poursuivi pour fraude, risque de provoquer une nouvelle dégradation de la note souveraine du pays. L’attaque contre Pravin Gordhan est perçue par les investisseurs comme une manoeuvre politique du camp Zuma pour faire tomber un solide rempart contre l’exploitation abusive des finances publiques. L’opposition a réagi en prédisant un « désastre économique ». Jacob Zuma est plus largement critiqué pour son incapacité à entreprendre des réformes substantielles. La gestion du pays paraît avoir été mise en pilotage automatique en attendant des jours meilleurs. Mais les difficultés de l’économie locale sont principalement structurelles : fortes inégalités, chômage de masse (36 % au sens large), corruption, dysfonctionnement du système éducatif, faiblesse du dialogue entre patronat et syndicats, niveau de productivité bas, marché oligopolistique, déficit d’approvisionnement énergétique. Cette année, la nation d’Afrique australe a aussi été handicapée par une sécheresse historique et la baisse de la demande et des prix des matières premières. Dans une récente note, l’Institut d’études de sécurité (ISS) à Pretoria dépeint un avenir morose : « L’Afrique du Sud est piégée dans des niveaux de croissance qui rendent probable une augmentation des turbulences sociales jusqu’au moins 2019-2020. »

 Source: Le Monde économie 



19/10/2016
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